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-+Perdre sa langue, c'est perdre son âme
26 days ago
Michel Mourlet Fondation Dosne-Thiers 18 octobre 2009 Perdre sa langue, c’est perdre son âme   (Communication à la 25e université du Club de l'Horloge)         Mesdames, Messieurs,      La langue française est menacée et attaquée de toutes parts. Nous en faisons l’expérience à longueur de journée. Pour quiconque reste un peu sensible à la justesse, à la précision du vocabulaire et à la correction de la syntaxe, ouvrir un journal, allumer un récepteur de radio ou de télévision, lire dans la rue certaines affiches, parler avec un commerçant, un banquier, un balayeur ou un ministre est devenu une épreuve qui exaspère les uns, accable les autres et ne peut laisser personne indifférent.       Il y a à peine un demi-siècle, dans les microphones de ce qu’on appelait alors la Radiodiffusion-Télévision française, un présentateur tel que Léon Zitrone ...
-+A la rencontre de Judrin
103 days ago
À LA RENCONTRE DE JUDRIN     Au début des années soixante-dix, Pompidou régnant, j’eus le bonheur de faire la connaissance et de Judrin et de son œuvre. Alfred Eibel, dont on connaît la sagacité critique à l’écart des modes – telle qu’il l’exerce aujourd’hui, non sans parcimonie hélas !,   dans le Figaro Magazine, Valeurs actuelles et   des préfaces savamment informées – avait été l’instigateur de cette prise de contact, au sens électrique du mot. Je venais de fonder Matulu, magazine artistique et littéraire conçu comme une succession de coups de pied dans la fourmilière culturelle. Le premier numéro,   mars 1971,   de notre « brûlot mensuel », ainsi que le surnomma le Monde un peu choqué,   comportait notamment un « Dossier Judrin » de deux pleines pages format grand quotidien, organisé par Eibel.   Ce fut pour moi et quelques autres un éblouissement, comme à chaque – rare – fois que s’offre dans l’écrin du papier (Valéry, ...
-+DeMILLE, L'ENFANCE DE L'ART
292 days ago
Relisons d’abord l’un des plus extraordinaires poèmes de notre langue :   Lorsque vous avez vu la menteuse maîtresse Suivre d’un œil hagard les yeux tachés de sang Qui cherchaient le soleil d’un regard impuissant Et quand enfin Samson, secouant les colonnes Qui faisaient le soutien des immenses Pylônes, Écrasa d’un seul coup sous les débris mortels Ses trois mille ennemis, leurs Dieux et leurs autels…      Citer Vigny pour introduire à Cecil B. DeMille peut paraître singulier. Un peu moins, peut-être, si l’on se remémore à la fois la Colère de Samson dans son entier, et Samson et Dalila, tourné en 1949 juste avant Sous le plus grand chapiteau du monde et les ultimes Dix Commandements. Et plus du tout si l’on s’avise que le grand fleuve DeMille charrie autant de poésie, tantôt aspirant au grandiose, tantôt intimiste, que les Poèmes antiques et modernes et ...
-+Le Roman de la langue française
324 days ago
LE ROMAN DE LA LANGUE FRANÇAISE par Michel Mourlet (texte intégral)      « L’histoire de la langue modèle et nourrit toute culture. » Telle est la phrase en quelque sorte inaugurale de l’ouvrage lexicologique le plus important de ces cinquante dernières années : le Dictionnaire historique de la langue française d’Alain Rey, publié par les Éditions du Robert en 1992.    Comme n’importe quelle langue mais plus que les autres, du fait de la situation particulière de la France au carrefour de toutes les avenues de la culture et de l’Histoire, la langue française est riche d’un passé qui éclaire le présent et aide à préparer l’avenir. Ce passé, et les vicissitudes momentanées, et les incertitudes futures, composent plus qu’une banale énumération de faits et de dates, de causes et d’effets. C’est de la chair même de la France, donc de la nôtre, qu’il est question. La langue est un être vivant où circule notre sang et qui peut ...
-+Entretien sur le cinéma français
487 days ago
Sur      Sur le cinéma français :   Est-il, selon le cinéphile que vous êtes ou avez été, admirateur du cinéma américain, pertinent de distinguer les oeuvres par la nationalité de leur auteur ? ·          Il n'existe pas d'art apatride, pas plus que d'art international (sauf fabriqué pour des galeristes marchands de soupe) ou continental, ou ethnique ou même religieux. L'art catholique italien (peinture, sculpture, architecture) n'entretient aucun autre rapport que thématique avec l'art catholique espagnol ; il n'y a pas de musique, pas de littérature  "européennes" et Rossini n'aurait pu composer le Ring, pas plus que Strindberg écrire l' École des femmes ou Dickens les Déracinés. On ne voit pas que le cinéma puisse échapper à cette loi en quelque sorte biologique, qui est probablement, comme pour tous les autres moyens d'expression,  sa plus grande chance de richesse et sa plus grande source de ...
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