Elle s' appelle maintenant la Salle des Fêtes ! Pourtant, pendant de nombreuses années, c' était ... La Cabane. Ancien préfabriqué des chantiers de Serre Ponçon, achetée par les jeunes de Rambaud, elle est arrivée difficilement à sa nouvelle adresse, en morceaux, (on dirait kit maintenant), qu'il a fallu remonter. Vêtue de bois, coiffée de tôles, elle a connu des générations de jeunes et moins jeunes Rambaudins qui s'y retrouvaient tous les dimanches après-midi. Pas de jeux vidéo, pas de Net à cette époque! mais un jukebox, un babyfoot, une table de ping pong et des jeux de cartes. Ah! si tu pouvais parler, Cabane ... Et puis, on l'a habillée de neuf, trop dangereux le bois, parpaings, moquettes au mur, chauffage, on l'a baptisée "Aux IV Vents", célèbre feuilleton des années 70; les jeunes succédaient aux jeunes, l'apéritif du dimanche rassemblait toujours les fidèles et les moins fidèles de l'église, ...
L'histoire de notre coq et de son casque entre peu à peu dans la légende rambaudine. Déjà, on en oublie les détails, et seuls, les plus anciens des Rambaudins se souviennent. Construit à la fin de la Grande Guerre, notre coq s'assoie irrévérencieusement sur le casque germanique, celui des soldats de l'Empereur Guillaume II. On reconnait, d'ailleurs, l'aigle prussien sur la face visible du casque. Mais, dans les années 40, cette insolence française n'a pas été très appréciée par les armées allemandes, d'autant plus aggressives que ce symbole se retrouvait assez souvent. Les monuments étaient détruits, les villages quelques fois brûlés. Ainsi, pour éviter ces représailles à Rambaud, avant l'arrivée annoncée de l'armée d'occupation, une nuit, Félix Pascal cassa la pointe du fameux casque ! Les Allemands ne s'aperçurent jamais du subterfuge, et notre monument resta entier ! (sauf la pointe, naturellement !).
Il est revenu, tout blanc, tout propre, récuré .... (trop ???) Et il a, comme promis, assisté aux manifestations du 11 Novembre. La Place continue, elle, à être en pleine confusion, passera t'on ? ne passera t'on pas ? Où faudra t'il stationner ce soir, afin de pouvoir partir travailler, demain? Heureusement Rambaud compte trois routes d'accés, celle de Gap bien sûr actuellement indisponible, mais aussi celle de Treschâtel et celle de la Bâtie-Vieille, que l'on découvre ou redécouvre avec plaisir en cette saison d'automne.
Les travaux de rénovation ont enfin commencé, après des mois d' attente; notre coq a déménagé mais n'a pas encore trouvé son dernier domicile ! Où est-il ? Son retour est prévu pour le 11 Novembre, jour de l' armistice. Ce coq a une histoire, il reste un des seuls de sa génération à ne pas avoir été détruit par les Allemands en 40, car ils n'ont pas vu le casque sur lequel il est assis; bien sûr, il en manquait la pointe, cassée quelque temps auparavant par un jeune du village. Le lavoir a disparu ... et que de souvenirs avec lui ... les rencontres, les rendez-vous, les soirées d' été, ... Et même s' il n' était pas un monument historique à admirer, il était le coeur du village. Il était le réconfort des promeneurs, des sportifs après la dure montée des "contours", il offrait son eau aux animaux de toutes espèces : chevaux, chats, chiens, oiseaux ... Construit en 1956, il avait remplacé un ancien lavoir comme on ...